Charles DE BASSE-LOTHARINGIE
- vers 953 à Laon (02)
- le 12 juin 991 à Orléans (45), environ 38 ans
Parents
- dit d'Outremer 921-954
- 913-984
Notes individuelles
On le nomme également Charles de Lorraine, bien que la Lorraine corresponde à la Haute-Lotharingie alors qu'il était Duc de Basse-Lotharingie.Plutôt que « de Lorraine », il serait donc plus juste de l'appeler « de Lothier » mais les ducs de Lorraine descendants des Carolingiens par son intermédiaire le considèrent comme Duc de Lorraine à part entière afin d'apparaître comme les continuateurs des Carolingiens. D'ailleurs, les ducs prénommés Charles par la suite se numérotent à partir de lui.
En 954, à la mort du Roi Louis IV et bien que ce dernier ait peut-être envisagé de conférer à Charles la royauté3, pour la première fois lors d'une dévolution dans laquelle l'hérédité joue le premier rôle, la tradition de partage du royaume des Francs entre les fils ne prévaut pas. Lothaire, frère aîné de Charles, succède à Louis IV. C'est une nouveautédans la succession royale héréditaire depuis la fondation du royaume des Francs à l'époque mérovingienne. Charles n'est donc pas Roi à la mort de son père. Les historiens expliquent parfois la dévolution du titreroyal au seul Lothaire par la faiblesse de l'institution royale mais cet argument ne peut expliquer que prévale également la solution unitaire dans le royaume de Francie orientale où la puissance et le prestige de la royauté sont forts.
De fait, l'affaiblissement du principe héréditaire au profit du bénéfice électif a consacré le principe unitaire, le choix répété de rois en dehors de la dynastie carolingienne excluant nécessairement cette pratique des partages née de la seule hérédité. Le renforcement de l'idéologie unitaire dont Jonas d'Orléans et Agobard de Lyon s'étaient fait les porte-parole a pu jouer également un rôle4.
Les accidents généalogiques, en ne laissant après les morts des pères que des fils uniques, ont également renforcé la structure verticale patrilinéaire, aussi bien chez les Robertiens que chez les Carolingiens.
En 976, l'Empereur Otton II ayant exclu de leur héritage paternel les comtes Régnier IV de Mons et Lambert Ier de Louvain, Charles rejoint avec une armée celle qu'Hugues Capet et Otton de Vermandois avaient fait marcher au secours des comtes. Une grande bataille, qui reste indécise, est livrée devant Mons.
Or, Charles escompte profiter de l'opération pour établir sa situation en Lotharingie8. Son intérêt est alors que soit rompue la bonne ententeentre le Roi son frère et la maison d'Ardenne, très puissante en Lotharingie et à laquelle appartiennent l'archichancelier Adalbéron de Reimset son homonyme Adalbéron de Laon. La maison d'Ardenne est dévouée à l'Empereur et Roi de Germanie Otton II.
En 977, il accuse l'épouse de Lothaire, la Reine Emma d'Italie, d'infidélité avec l'Evêque de Laon Adalbéron. Le concile de Sainte-Macre réunià Fismes absout les accusés faute de preuves, mais Charles, qui entretient les rumeurs, est chassé du royaume par son frère. La famille d'Ardenne et le parti Lotharingien, favorables à l'entente avec Otton II, semble toute puissante à la cour du Roi Lothaire.
Otton II commet alors une maladresse en restituant le comté de Hainaut aux fils de Régnier III et nommant Charles Duc de Basse-Lotharingie, région correspondant à la moitié nord de la Lotharingie, distincte de la Haute-Lotharingie depuis la fin desannées 950. En effet, par ces honneurs, il offense le Roi des Francs9. Il lui aurait également promis son aide contre Lothaire.
Au mois d'août 978, Lothaire, accompagné de Hugues Capet et son frère Henri de Bourgogne mène une expédition contre Otton II. Il prend Aix-la-Chapelle, mais ne peut s'emparer ni d'Otton, ni de Charles. Après avoirlaissé ses guerriers piller le palais et ses environs pendant trois jours, Lothaire bat en retraite après avoir fait replacer l'aigle de bronze qui décorait le sommet du palais dans sa direction originelle, face à l'est, contre le pays saxon, alors qu'Otton Ier, lui-même d'origine saxonne, avait retourné vers l'ouest et le royaume des Francs occidentaux.
En représailles, Otton II, accompagné de Charles, envahit la France en octobre 978, ravage les régions de Reims, Soissons et Laon. Lothaire doit s'enfuir, et Charles est proclamé Roi des Francs à Laon par l'évêqueThierry Ier, cousin germain le l'Empereur Otton Ier. Otton poursuit Lothaire jusqu'à Paris, où il se retrouve face à l'armée d'Hugues Capet. Le 30 novembre 978, Otton et Charles, incapables de prendre Paris, lèvent le siège de la ville et font demi-tour. L'ost royal les poursuit, reprend Laon, et oblige Charles et Otton II à s'enfuir et à se réfugier àAix-la-Chapelle.
La conduite de Charles pourrait avoir nui à son image et ainsi contribué à l'échec de sa tentative de s'emparer du trône franc à la mort de son neveu Louis V. Sa participation aux entreprises d'Otton, le fait qu'il se soit reconnu son vassal sur des terres revendiquées par son frère,ont pu le faire apparaître comme un traître à sa lignée et indigne du royaume, même si les changements de camp n'étaient pas rares.
En 983, l'Empereur Otton II meurt laissant le trône de Francie orientale à son fils Otton III. Se présentant comme le tuteur de ce dernier, leDuc de Bavière Henri le Querelleur, cherche à imposer son pouvoir. Adalbéron de Reims, soucieux d'appuyerOtton III et sa mère l'Impératrice Théophano Skleraina, cherche à convaincre Lothaire de le soutenir. Il lui laisse entendre que Lothaire pourrait récupérer la Lotharingie. Le roi des Francs revendique la tutelle de son neveu et la garde (avouerie)de la Lotharingie. Grâce à Adalbéron de Reims, Lothaire obtient l'hommage de plusieurs grands de Lotharingie dont Godefroy de Verdun de la maison d'Ardenne. À cette occasion, il réconcilie Charles et Lothaire, son frère. Charles espère alors obtenir également la Haute-Lotharingie, gouvernée par une régente, Béatrice, épouse du défunt Duc Ferry de Haute-Lotharingie et sœur d'Hugues Capet. Lothaire espère alors passer de lagarde de la Lotharingie à la souveraineté sur cette terre en s'appuyantsur Charles qui en deviendrait le duc. Néanmoins, l'échec rapide d'Henri le Querelleur fit échouer le projet.
En 985, le Roi Lothaire décide de s'emparer de la Lotharingie. Il envahit le duché, assiège Verdun au mois de mars, s'empare de la ville et y fait plusieurs prisonniers : le Comte Godefroy Ier (frère d'Adalbéron de Reims), Frédéric (fils de Godefroy Ier), Sigefroid de Luxembourg (oncle de Godefroy) et Thierry, Duc de Haute-Lotharingie (neveu d'Hugues Capet). Désireux d'affaiblir la maison d'Ardenne acquise au Roi de Germanie et à l'Empire, il décide de mettre en accusation Adalbéron de Reims.Une lettre de Gerbert d'Aurillac fait état d'un conventus Francorum, une assemblée des grands du royaume franc réunis à Compiègne le 11 mai 985. Charles participe à cette assemblée avec les comtes Régnier IV de Hainaut et Herbert le jeune de Troyes. Hugues Capet intervient avec une armée et disperse la réunion, peut-être moins pour venir en aide à Adalbéron de Reims que pour dissuader Lothaire et Charles d'entreprendre une action contre la haute Lotharingie affaiblie par la capture de son jeune Duc Thierry.
Après la mort imprévue du Roi Lothaire en 986, Charles aurait cherché àdissuader son neveu Louis V d'engager une politique trop agressive à l'égard de la maison d'Ardenne. Charles aurait été motivé par la volontéde ne pas heurter la cour de Germanie pour conserver son duché de Basse-Lotharingie.
À la mort de Louis V, Charles se rapproche vainement d'Adalbéron de Reims pour obtenir son soutien avant la réunion de l'assemblée des grands du royaume franc et l'élection du nouveau roi. En tant que Duc des Francs, Hugues Capet préside cette assemblée qui se réunit à Senlis. Selon Richer, Adalbéron exprime dans un discours son soutien à Hugues Capet, s'en prenant à Charles qui s'était « abaissé et dégradé au point de servir sous les ordres d'un Roi étranger ». Le fait qu'Adalbéron de Reimsait été lui-même dévoué à la cour de Germanie permet de contester qu'untel discours ait jamais été prononcé, d'autant qu'Adalbéron, en favorisant Hugues Capet, travaille objectivement à détacher la Lotharingie duroyaume franc pour assurer la suprématie de l'empire. Cependant, si Charles s'était rapproché de son frère le Roi Lothaire dans les dernièresannées de son règne, le souvenir qu'il avait cherché à le renverser ens'alliant avec Otton II et qu'il avait été chassé du royaume à l'issuedecette tentative grâce à la coalition des grands du royaume franc, acontribué à donner de lui l'image d'un traître. L'argument cité par Richer est cependant révélateur de la naissance d'un sentiment national. De plus, les rumeurs qu'il colporta contre sa belle-sœur et son mariageavec une femme issue de la classe des vassaux ont pu être des obstacles à son élection. Quoi qu'il en soit, Adalbéron de Reims était avant tout dévoué à la dynastie ottonienne.
L'éviction des Carolingiens garantirait l'abandon des prétentions sur la Lotharingie, royaume objet des ambitions de la lignée des rois carolingiens de l'Ouest, descendants de Charles II le Chauve. Adalbéron de Reims imagine sans doute que la venued'une dynastie non impériale et sans droit sur la Lotharingie est censée favoriser la toute-puissance de l'empire d'Otton III. De fait, les Capétiens ne développent pas de politique expansionniste active vers l'Est avant plusieurs siècles. Par la suite, Hugues et ses successeurs ne se comportent pas en créatures de l'Empire, ils doivent leur accession au trône franc à l'enracinement et au prestige de leur lignée.
Des grands du royaume franc comme l'Archevêque Seguin de Sens ou le comte Albert Ier de Vermandois n'approuvent pas l'élection d'Hugues Capet.En mai 988, Charles engage la lutte et s'empare de Laon, la capitale royale des derniers Carolingiens. Parla même occasion, il fait arrêter deux de ses plus farouches adversaires, la Reine Emma et l'Evêque Adalbéron de Laon. Il fait renforcer les fortifications et fait venir des vivres du Vermandois, dont le Comte Herbert III semble le soutenir.
Hugues Capet réunit alors un synode d'évêques pour excommunier Charles,puis une armée pour assiéger Laon. Charles, assiégé dans la ville à l'été 988, réalise une sortie victorieuse, forçant l'armée royale à fuir en désordre. Un deuxième siège, menéen octobre 988, échoue très rapidement. Une lettre d'Hugues Capet à l'Impératrice Théophano laisse entendre que le Capétien a envisagé une négociation avec le Carolingien. Charles refuse cette proposition qui prévoit la libération de ses prisonniers et la remise d'otages en échange de l'abandon de Laon. Charles n'estpas prêt à se contenter de Laon ; il aspire à la royauté de ses ancêtres. À cette fin il cherche à se rapprocher d'Adalbéron de Reims.
Adalbéron de Laon ayant réussi à s'enfuir, Charles contrôle néanmoins fermement le Laonnois. En décembre 988, il libère la Reine Emma, puis à la fin de 988 et au début de 989, lance une série d'offensives qui lui permettent de s'emparer de la forteresse royale de Montaigu, d'envahir le Soissonnais et de se rapprocher de Reims.
À la suite de la mort d'Adalbéron de Reims en janvier 989, Hugues Capet, soucieux d'arriver à un accord avec Charles, fait nommer Archevêque de Reims le neveu de ce dernier, Arnoul, fils naturel du Roi Lothaire, àcondition que celui-ci reconnaissesa royauté. Arnoul s'empresse de livrer Reims à son oncle au début de l'automne 989. Charles tient alors Laon et Reims et a rallié à sa personne les comtes de Vermandois, de Rethel, de Soissons, de Roucy et de Troyes. Le puissant Comte Eudes Ier deBlois semble prêt à basculer du côté du Carolingien, comme l'atteste sa passivité dans le conflit naissant. Ce sont les évêques qui sauvent alors la jeune royauté capétienne : aucun d'entre eux ne soutient Charles, empêchant son sacre.
Durant dix mois, de septembre 989 à juin 990, les adversaires s'observent sans rien entreprendre. Arnoul reconnaît Charles au printemps 990, après avoir fait croire qu'il a été contraint de livrer Reims. Hugues Capet tente alors d'obtenir du Pape la déposition d'Arnoul. Charles a envoyé un ambassadeur en la personne du Comte Herbert de Troyes et celui-ci remet de la part de Charles de précieux cadeaux au Pape (dont un cheval blanc) qui refuse la demande d'Hugues. Au printemps 990, alors quel'armée d'Hugues Capet s'apprête à engager une nouvelle fois le siège deReims, Charles décide d'affronter directement son adversaire. Cependant, aucun combat n'a lieu.
La lutte entre Hugues Capet et Charles est résolue par une ruse d'Adalbéron de Laon. Celui-ci fait croire à Charles qu'il rejoint son camp. Lejour du Dimanche des Rameaux 29 mars ou le jour du Jeudi saint 2 avril991, après avoir juré sa fidélité àCharles, il profite du sommeil de ce dernier pour faire pénétrer dans son logis ses partisans armés qui se saisissent de ce dernier alors dans son lit ainsi que de sa femme et de ses enfants. Hugues Capet le fait enfermer à Orléans, où il serait mort peu après.
En 1666, la sépulture de Charles est retrouvée dans la basilique Saint-Servais à Maastricht aux Pays-Bas. Il semble que sa dépouille y ait étéinhumée seulement en 1001, ce qui conduit certains auteurs à considérer qu'il est mort à cette date.
(source : wikipedia voir l'archive en ligne)
La Famille
Grands parents
- 904-951
- dit le Simple 879-929
- 896-968
- dit l'Oiseleur 876-936
Petits enfants (3)
- dit Baldéric -1054
- -
- 1005-1059
Oncles et tantes (5)
- DE FRANCE Alpaïde -
- 915-
- -
- 935-
- 912-973
Cousins germains (8)
- 940-996
- 944-1002
- DE CASTRICE Warin 906-
- 938-988
- 935-955
- 940-1020
- 950-1015
- 955-983
Grands oncles et tantes (7)
- 915-
- dite l'Ancien 910-946
- 922-946
- -
- -
- 873-952
- 878-952
Les Actes
Acte de Naissance
- vers 953 - Laon
Acte de Décès
- 12 Juin 991 - Orléans
Acte de Mariage
- vers 975 -
